Un conjoint perdu...

Votre femme, votre mari, votre fille, etc... est malade et vous devez vivre avec.
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Julien130
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Un conjoint perdu...

Messagepar Julien130 » 11 juil. 2016, 15:38

Bonjour à tous,

Je me permets de partager avec vous mon histoire dans l’espoir de peut-être obtenir des avis d’un point de vue extérieur et des retours d’expériences qui m’aideront à faire les bons choix. Et peut-être que ça me fera tout simplement du bien de l’écrire.

J’ai 32 ans, et je partage depuis 15 ans ma vie avec une femme formidable, pleine de vie, pétillante, juste exubérante ce qu’il faut, le genre de personne dont on dit que c’est un véritable soleil pour ses proches malgré un caractère bien trempé.

2012, nous venons de faire construire notre maison, et nous venons tout juste d’avoir la joie de devenir parents, tout va pour le mieux, mais quelques mois après la naissance de notre fils, mon épouse commence à avoir des troubles de la vision. On lui diagnostique rapidement une SEP assez agressive.

Elle enchaînera pas mal de poussées dans les mois qui suivirent, retrouva heureusement la vue, mais gardera des douleurs à une jambe et au poignet. Actuellement sous Tysabri, les choses se sont stabilisées dans l’ensemble, si bien évidemment on ne tient pas compte de ses douleurs (souvent plus vives en fin de journée) et de la fatigue générale que vous connaissait tous bien.

Comme pour beaucoup, le diagnostic et la maladie ont été un véritable choc. Un coup de frein dans notre vie. Et malgré tous mes efforts, j’ai vu mon soleil s’éteindre petit à petit, se renfermer, ne plus partager avec moi ou ses parents ce qu’elle ressentait vis-à-vis de sa maladie…de passer d’un tempérament de feu que j’affectionnais tant à un comportement lunatique, dépressif, souvent colérique et parfois blessant.

Incapable de l’aider et relayé au rôle de spectateur, j’ai essayais d’agir là où je pouvais avoir de l’emprise. J’ai repris mes études en cours du soir, ce qui m’a permis d’obtenir un diplôme et un poste de cadre mieux rémunéré. Je voulais qu’elle puisse se mettre à 50%, voir même peut être s’orienter sur une activité indépendante lui permettant d’aménager ses horaires. (Je vous fais grâce des détails sur son employeur qualifiant « les gens comme VOUS, de gestion difficile et non rentable… »).

Ne voulant pas nous arrêter de vivre pour autant, (et bien que je ne trouvais pas la situation idéale pour ça), j’ai accepté que nous ayons un deuxième enfant, une petite princesse qui a maintenant 1an. Cela m’a permis de retrouver temporairement la femme que j’aimais, une femme qui protégée par les hormones de grossesses, ne souffrait plus donc n’était plus irritable, fatiguée et colérique…

Mais hélas toutes les bonnes choses ont une fin, et je pense que d’avoir « re-gouter » à cette accalmie, l’a fait replonger encore plus bas…

Un nouveau job avec des horaires et des responsabilités plus contraignantes pour moi, deux enfants en bas âge, un poste à 50% et des douleurs constantes à gérer pour elle, vous imaginez sans peine que la moindre étincelle suffit à mettre le feu aux poudres. Là ou avant nous étions un couple fusionnel et complémentaire, j’avoue que j’ai parfois eu envie de faire des heures supplémentaires au travail…

Me sentant devenue transparent à ses yeux, j’ai même décidé de me reprendre en main physiquement, j’ai perdu plus de 30 kilos et je m’entraine maintenant régulièrement, avec toujours l’espoir de lui rappeler l’homme de qui elle été tombé amoureuse. Même si elle est fière de moi, ça n’a pas changé pour autant son comportement et je n’ai toujours pas retrouvé la femme dont je suis amoureux depuis mes 15 ans.

Par contre, la chose à laquelle je ne m’attendais pas et qui à changé, c’est le regard des femmes autour de moi. Attention, je n’ai nulles prétentions sur mon physique et pas plus d’ego surdimensionné, mais depuis ma perte de poids, c’est vrai qu’il m’arrive de me faire aborder au travail ou en sortie avec des amis. Je me considère comme un mari fidèle et un père prêt à tout pour sa famille, mais ce weekend j’ai dépassé ma limite. J’ai embrassé une autre femme…

C’est arrivé sans vraiment que je m’y attende ou que je le cherche, je l’ai trouvé drôle, intelligente et pétillante…elle m’a embrassée, je me suis laissé faire.

Je pourrais me chercher des excuses, j’étais en déplacement, on venait encore de se disputer au téléphone, j’avais pris quelques verre, et même si j’ai décliné son invitation à la raccompagné chez elle et que pour certains le fait d’embrasser quelqu’un d’autre peut sembler dérisoire, j’ai pour ma part vraiment l’impression d’avoir brisé quelque chose…

Au-delà de la culpabilité, j’ai laissé un doute s’insinué. J’ai peur que la maladie ai définitivement changé la femme que j’aime, que je ne la retrouverais jamais et que mon bonheur est peut être ailleurs… Je suis lucide sur l’avenir, et ne nous voilons pas la face, la maladie progressera, et ce sera de plus en plus dure…

Je ne sais pas si je dois lui en parler, avouer…, j’ai peur de lui faire beaucoup de mal…et si en plus la confiance est brisée tout implosera…
Je pense être à un tournant de ma vie, nous venons de vendre notre belle maison pour changer de région et nous rapprocher de la famille. En plus de vouloir un nouveau climat plus doux et une maison sans étage et sous-sol pour elle, nous espérons que ce sera plus facile en vivant à coté de nos proches qui pourront nous aider si besoin avec les enfants ou autres.

Bref un nouveau départ, mais par conséquent, je n’ai jamais été aussi perdu. Je ne veux pas être un homme qui a brisé sa famille, je ne le conçois pas, je ne suis pas le seul qui en souffrirai.... Mais je ne veux pas être non plus un homme qui se sent prisonnier d’une relation avec une femme qu’il ne reconnait plus… La vie de couple est déjà une épreuve en soi, mais comment faire quand le jeu est biaisé ? Quand les moments de partage vont inexorablement alterner avec les phases de colères et de disputes…

Comme je l’ai dit au début, je n’attends pas de réponses miracle, car il n’y en a pas. Mais peut-être que certains d’entre vous se reconnaîtrons en partie dans mon récit, et auront vécu une expérience similaire.
Merci à ceux qui ont pris le temps de me lire et ceux qui prendrons le temps de me répondre

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fafalarousse
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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar fafalarousse » 11 juil. 2016, 16:33

bonjour et bienvenu à toi, julien.
en fait, je vous comprends tous les 2 , toute ma vie (sep très jeune) j'ai essayé sans savoir, de me mettre à la place de mes maris successifs. et je n'ai pas réussi...
une chose que je peux te dire, un baiser volé, ça n'est qu'un baiser volé, alors non, surtout ne lui dit pas. ça va donner du stress et augmenter les symptômes d'une maladie qui ne demande que ça. ne te sens pas coupable non plus, ta vie n'est pas facile. tu as le droit de craquer.
on a la sep, on s'isole, on a des troubles du comportement dus à cette colocataire, ainsi que des troubles de l'humeur dont nous ne sommes pas responsable, mais dont on se rend compte quand le mal est fait.
on se sent complètement incompris, ce qui est vrai quelque part, on n'ose pas embêter les autres.
et on souffre le martyr.
j'ai dit mes maris, c'est moi qui suis partie. à cause de la sep, je ne sais pas, je ne supportais plus.

tu avais besoin d'en parler c'est une bonne chose d'être venu le faire, ça soulage bien souvent. et ici, aucune gêne à avoir.
perso, je n'ai pas de réponses à tes questions comme je n'en avais pas aux miennes, comment peut on vivre avec quelqu'un qui n'est plus la même.

par contre

il existe des médicaments qui aident pour les troubles du comportement, j'en prends, quand je sens que je dérape, pendant une semaine, et ça me fait un bien fou, je me met à nouveau à rire, vivre. quand ça me revient, j'en reprends.
ce sont des petits anti dépresseurs, en tous cas, dans mon cas ça s'appelle l'ixel, et ça fonctionne bien, j'ai bien dit pour moi, chaque médoc ne donne pas les mêmes effets.
pour la douleur, je prend un max de "cochonneries", codéine, antiépileptique qui agit sur le centre de la douleur, et j'en passe.
pour la fatigue, je prends un complément alimentaire que j'ai connu sur ce forum, de la spiruline, une algue magique pour moi. et pour certains autres ici, et pas pour d'autres.

il faudrait que tu puisse lui en parler, ou voir son toubib, pour lui en parler, du moyen de lui redonner sa joie de vivre, c'est possible , pas toujours, mais si on n'essaye pas, on ne saura pas.

le fait de vous être rapprocher de la famille, ça va l'aider avec ses enfants.
il y a un autre côté dont tu ne parles pas, peut être n'a t elle pas ces soucis, mais ils sont fréquents dans la sep. la sexualité chez les sépiennes et sépiens. ça n'arrive pas à toutes, mais ça arrive. moins de sensibilité, moins de libido, ça fait partie de la sep. et c'est pas forcément agréable à vivre pour un homme.

en tout cas, en parler, c'est indispensable. ça le serait aussi pour elle, de venir, mais elle risque de te reconnaitre. mais dans ce cas, tu nous le diras, et on effacera le sujet. il faudrait qu'elle vienne. en attendant tu auras plein de témoignages, et tu en trouveras un peu partout sur le forum, de gens qui rien que d'en parler se sentent mieux.

alors n'hésite pas à revenir. et pense à ces traitements. et motus pour le baiser volé.

bon courage à toi, nous comprenons comme nous pouvons faire du mal à ceux qui nous aiment, mais ne savons pas comment leur dire.
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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar pier2 » 11 juil. 2016, 16:57

Bonjour.

Bien sur qu' il faut oublié le baiser, et ne rien dire, ce n' est vraiment qu' une péripétie.

Et bien sur, ne pas recommencer. :wink:

Bon courage.

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mia nowa
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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar mia nowa » 11 juil. 2016, 18:41

Julien130 a écrit :Bonjour à tous,

Je me permets de partager avec vous mon histoire dans l’espoir de peut-être obtenir des avis d’un point de vue extérieur et des retours d’expériences qui m’aideront à faire les bons choix. Et peut-être que ça me fera tout simplement du bien de l’écrire.

J’ai 32 ans, et je partage depuis 15 ans ma vie avec une femme formidable, pleine de vie, pétillante, juste exubérante ce qu’il faut, le genre de personne dont on dit que c’est un véritable soleil pour ses proches malgré un caractère bien trempé.

2012, nous venons de faire construire notre maison, et nous venons tout juste d’avoir la joie de devenir parents, tout va pour le mieux, mais quelques mois après la naissance de notre fils, mon épouse commence à avoir des troubles de la vision. On lui diagnostique rapidement une SEP assez agressive.

Elle enchaînera pas mal de poussées dans les mois qui suivirent, retrouva heureusement la vue, mais gardera des douleurs à une jambe et au poignet. Actuellement sous Tysabri, les choses se sont stabilisées dans l’ensemble, si bien évidemment on ne tient pas compte de ses douleurs (souvent plus vives en fin de journée) et de la fatigue générale que vous connaissait tous bien.

Comme pour beaucoup, le diagnostic et la maladie ont été un véritable choc. Un coup de frein dans notre vie. Et malgré tous mes efforts, j’ai vu mon soleil s’éteindre petit à petit, se renfermer, ne plus partager avec moi ou ses parents ce qu’elle ressentait vis-à-vis de sa maladie…de passer d’un tempérament de feu que j’affectionnais tant à un comportement lunatique, dépressif, souvent colérique et parfois blessant.

Incapable de l’aider et relayé au rôle de spectateur, j’ai essayais d’agir là où je pouvais avoir de l’emprise. J’ai repris mes études en cours du soir, ce qui m’a permis d’obtenir un diplôme et un poste de cadre mieux rémunéré. Je voulais qu’elle puisse se mettre à 50%, voir même peut être s’orienter sur une activité indépendante lui permettant d’aménager ses horaires. (Je vous fais grâce des détails sur son employeur qualifiant « les gens comme VOUS, de gestion difficile et non rentable… »).

Ne voulant pas nous arrêter de vivre pour autant, (et bien que je ne trouvais pas la situation idéale pour ça), j’ai accepté que nous ayons un deuxième enfant, une petite princesse qui a maintenant 1an. Cela m’a permis de retrouver temporairement la femme que j’aimais, une femme qui protégée par les hormones de grossesses, ne souffrait plus donc n’était plus irritable, fatiguée et colérique…

Mais hélas toutes les bonnes choses ont une fin, et je pense que d’avoir « re-gouter » à cette accalmie, l’a fait replonger encore plus bas…

Un nouveau job avec des horaires et des responsabilités plus contraignantes pour moi, deux enfants en bas âge, un poste à 50% et des douleurs constantes à gérer pour elle, vous imaginez sans peine que la moindre étincelle suffit à mettre le feu aux poudres. Là ou avant nous étions un couple fusionnel et complémentaire, j’avoue que j’ai parfois eu envie de faire des heures supplémentaires au travail…

Me sentant devenue transparent à ses yeux, j’ai même décidé de me reprendre en main physiquement, j’ai perdu plus de 30 kilos et je m’entraine maintenant régulièrement, avec toujours l’espoir de lui rappeler l’homme de qui elle été tombé amoureuse. Même si elle est fière de moi, ça n’a pas changé pour autant son comportement et je n’ai toujours pas retrouvé la femme dont je suis amoureux depuis mes 15 ans.

Par contre, la chose à laquelle je ne m’attendais pas et qui à changé, c’est le regard des femmes autour de moi. Attention, je n’ai nulles prétentions sur mon physique et pas plus d’ego surdimensionné, mais depuis ma perte de poids, c’est vrai qu’il m’arrive de me faire aborder au travail ou en sortie avec des amis. Je me considère comme un mari fidèle et un père prêt à tout pour sa famille, mais ce weekend j’ai dépassé ma limite. J’ai embrassé une autre femme…

C’est arrivé sans vraiment que je m’y attende ou que je le cherche, je l’ai trouvé drôle, intelligente et pétillante…elle m’a embrassée, je me suis laissé faire.

Je pourrais me chercher des excuses, j’étais en déplacement, on venait encore de se disputer au téléphone, j’avais pris quelques verre, et même si j’ai décliné son invitation à la raccompagné chez elle et que pour certains le fait d’embrasser quelqu’un d’autre peut sembler dérisoire, j’ai pour ma part vraiment l’impression d’avoir brisé quelque chose…

Au-delà de la culpabilité, j’ai laissé un doute s’insinué. J’ai peur que la maladie ai définitivement changé la femme que j’aime, que je ne la retrouverais jamais et que mon bonheur est peut être ailleurs… Je suis lucide sur l’avenir, et ne nous voilons pas la face, la maladie progressera, et ce sera de plus en plus dure…

Je ne sais pas si je dois lui en parler, avouer…, j’ai peur de lui faire beaucoup de mal…et si en plus la confiance est brisée tout implosera…
Je pense être à un tournant de ma vie, nous venons de vendre notre belle maison pour changer de région et nous rapprocher de la famille. En plus de vouloir un nouveau climat plus doux et une maison sans étage et sous-sol pour elle, nous espérons que ce sera plus facile en vivant à coté de nos proches qui pourront nous aider si besoin avec les enfants ou autres.

Bref un nouveau départ, mais par conséquent, je n’ai jamais été aussi perdu. Je ne veux pas être un homme qui a brisé sa famille, je ne le conçois pas, je ne suis pas le seul qui en souffrirai.... Mais je ne veux pas être non plus un homme qui se sent prisonnier d’une relation avec une femme qu’il ne reconnait plus… La vie de couple est déjà une épreuve en soi, mais comment faire quand le jeu est biaisé ? Quand les moments de partage vont inexorablement alterner avec les phases de colères et de disputes…

Comme je l’ai dit au début, je n’attends pas de réponses miracle, car il n’y en a pas. Mais peut-être que certains d’entre vous se reconnaîtrons en partie dans mon récit, et auront vécu une expérience similaire.
Merci à ceux qui ont pris le temps de me lire et ceux qui prendrons le temps de me répondre


Bonjour Julien

Personne n'est apte à te juger ici ni à te jeter la première pierre, je pense que nous sommes tous plus ou moins conscients des changements que la sep a entraîné dans nos vies, nos corps, nos esprits et nos caractères et je suis la 1ère à me reconnaître dans ces "symptômes caractériels" que tu décris si bien. Non pas que j'étais pas une emmerdeuse avant (loin de là), c'est juste que depuis je pète les scores question irritabilité, émotivité accrues, en ça je comprends volontiers à quel point ça peut être compliqué pour un conjoint de suivre sachant que nous même avons du mal à le faire sur le coup.

Sur la question du couple je ne pourrais rien ajouter étant donné que j'ai fais le choix de vivre seule, mis à part que je rejoins mes camarades sur une chose: ne dis rien ça ne ferait qu'empirer les choses sachant que de loin le stress est notre pire ennemi, ça ne vaut pas le coup et c'est déjà tellement honorable de ta part de chercher à comprendre pour améliorer les choses ...

Pour le reste, pas plus de solutions que fafa à part un piti truc qui bien dosé aide à maîtriser ses sautes d'humeur, à supporter le quotidien, apaiser des petites douleurs, dissiper les crises d'angoisses (pour ma part), réguler son sommeil : le canabis à dose thérapeutique.

Alors loin de moi l'idée de faire l'apologie de quoi que ce soit (certains posts en parlent plus longuement et je rappelle pour ma défense qu'à dose thérapeutique c'est une plante médicinale à la base même si apparemment en france on s'en tamponne encore bien le coquillard).
Pour avoir testé suite aux recommandations d'une patiente (et de mon médecin plus tard) je compte bien me mettre au dosage thérapeutique dès que j'aurais peaufiné ma notion du jardinage (merci pour les conseils que j'ai pu glaner ici d'ailleurs).

Au plaisir de te relire <2

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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar fafalarousse » 11 juil. 2016, 20:07

et c'est la qu'on voit la différences entre les sep, le cannabis , conseillé par mon neuro, pour lutter contre la douleur de la spasticité, j'en prends du que je cultive, avec le moins de thc possible, pour être thérapeutique, depuis des années, que je fais chauffer dans une machine spéciale cannabis thérapeutique.

il ne touche pas du tout à mes troubles du comportement et de l'humeur, mais uniquement à la douleur de la spasticité, d'ou le sujet traité ici, "le cannabis peut soulager nos douleurs", et uniquement celle la.

pour les autres douleurs, fourmis, coup de couteau, chevilles et poignets dans un étau, elles ne se réduisent qu'avec de la codéine, et les décharges électriques et autres jambes sans repos, crampes, avec du rivotril(classé comme drogue dure)....
nous sommes des pharmacies ambulantes, droguées par tous ces traitements. alors , bien sur , ça n'arrange pas nos soucis comportementaux. et je ne parle pas des insomnies.

tu vois comme déja il est difficile de comparer nos seps, julien, chacun a une sep différente, qui réagit différemment aux traitements. ici, tu vas apprendre énormément sur la sep, et comment on peut arriver à vivre avec, ça t'aidera peut être à comprendre ce qui se passe dans sa tête, et peut être pour l'aider. alors n'hésite pas à poser des questions.
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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar Bashogun » 12 juil. 2016, 08:44

Bonjour Julien,

Ton texte est très touchant et le fait même d'être venu sur le forum est un signe positif car cela montre combien tu cherches à préserver le couple et la famille que vous formez depuis si longtemps. Rien d'anormal à t’interroger, bien au contraire. Rien d'anormal non plus dans le fait de t'être laissé aller. Mais, comme te l'ont déjà dit d'autres ici, gade bien cette incartade pour toi : en parler serait un remède pire que le mal.

Mais parler aide. C'est la raison de ton inscription sur le forum et de la rédaction de ton texte - plein d'amour mais aussi de désespoir. Ecrire, parler, échanger, c'est une façon utile et positive de se mettre à distance de soi pour s'examiner et trouver les ressources pour avancer. Mais, tu dois le savoir et l'accepter, il n"y aura pas de retour à un âge d'or idéalisé. C'est vrai pour tous les couples, c'est d'autant plus vrai lorsque la Sep vient ébranler la vie.

Je vis avec ma femme depuis maintenant plus de 25 ans. C'est ma 'petite fadette' et je l'aime profondément. Mais je sais que je ne suis vraiment pas facile à vivre depuis que la Sep m'a envahi. Ce ne sont pas des sautes d'humeur, dans mon cas. Plutôt une tendance lourde à m'enfermer et à me murer dans le silence. Le forum, où je suis arrivé récemment, est sans doute une façon de rompre ce silence. Nous nous sommes mariés il y a quelques mois. Pour moi, c'était pour la protéger, mais aussi une façon d'exprimer ce que je ressens, mais que j'ai tant de mal à dire.

Il y a fort longtemps maintenant, bien avant que la Sep ne s'empare de moi, j'ai eu moi aussi bien du mal à vivre les effets sur ma femme de sa maladie orpheline. Elle n'a pas pu travailler pendant plusieurs années, manquait cruellement de confiance en elle et s'enfermait. Il m'est arrivé à moi aussi de succomber... Heureusement, le temps a permis qu'elle accepte mieux sa situation, qu'elle parvienne à la dépasser et à vivre presque normalement. La maladie est toujours là, mais c'est elle qui la domine maintenant.

C'est sans doute ce qui nous soude et ce qui lui permet de résister aux effets de ma maladie. On se comprend. Je parle. Elle parle.

D'autres l'on dit, déjà : il faudrait que ta femme puisse exprimer ce qu'elle ressens, qu'elle parvienne, comme toi, à se mettre à distance d'elle-même pour s'observer. Pour cela, il faut sans doute que ses 'troubles du comportement' dus à la fois à la Sep et à sa difficulté à la vivre, trouvent remède. Un anxiolytique du cannabis à doses thérapeutiques devraient être envisagés pour y aider.
Au-delà, quelqu'un d'extérieur peut aussi y aider ; le forum, comme Fafa l'as indiqué, peut être un moyen utile.

Il faut, en tous cas, qu vous puissiez, l'un et l'autre, ensemble ou séparément, exprimer ce que vous ressentez. C'est la meilleure façon de se retrouver.
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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar lélé » 12 juil. 2016, 09:28

Bonjour
Ben moi je dois être de la vieille école lol car je ne sais pas trop quoi en penser et je m'en excuse
Je suis pas ouverte d'esprit riree

Misjesuis ok sur le fait que tu aimes ta femme et que tu veux tout faire pour que ça aille,le reste je m'en excuse
Mais ne m'en veux pas,generalement je suis sympas comme nana riree

Julien130
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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar Julien130 » 12 juil. 2016, 14:44

Bonjour,

Un grand merci pour vos réponses qui m'ont apporté beaucoup de réconfort.
Je pense que je vais effectivement garder pour moi mon erreur, du moins pour l'instant.

Laisser passer le déménagement et tout le stress associé à ce qui gravite autour (démarches administratives, finalisation de la vente de la maison, trouver une nourrice pour les enfants,etc...), et une fois que ce sera passé, (et si l'on ne s'est pas entre-tué), essayer de rétablir un dialogue.

Encore merci, je ne manquerais pas de vous tenir informé.

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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar Mirabelle » 12 juil. 2016, 22:48

lélé31 a écrit :Bonjour
Ben moi je dois être de la vieille école lol car je ne sais pas trop quoi en penser et je m'en excuse
Je suis pas ouverte d'esprit riree

Misjesuis ok sur le fait que tu aimes ta femme et que tu veux tout faire pour que ça aille,le reste je m'en excuse
Mais ne m'en veux pas,generalement je suis sympas comme nana riree

Complètement d'accord avec la totalité de ton point de vue lélé.
C'est quand même dingue ça, on est dans une tranche d'âge relativement d'jeun' toutes les 2, tu ne voudrais pas qu'on soit "old school" quand même.
Quoique, on regarde bien les Feux de l'Amour toi et moi, donc après tout... riree
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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar lélé » 12 juil. 2016, 23:07

Je pensais à toi en plus et je me demandais si j'étais la seule à être étriquée d'esprit lol
Vive les feux de l'amour!!!!

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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar Mirabelle » 12 juil. 2016, 23:14

lélé31 a écrit :Je pensais à toi en plus et je me demandais si j'étais la seule à être étriquée d'esprit lol
Vive les feux de l'amour!!!!
Je te kiffe ma caille <2 <2 <2
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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar mia nowa » 12 juil. 2016, 23:18

lélé31 a écrit :Je pensais à toi en plus et je me demandais si j'étais la seule à être étriquée d'esprit lol
Vive les feux de l'amour!!!!


Coucou vous

En fait vu le contexte compliqué et la démarche de julien je pense que sa position est pardonnable et vos avis compréhensibles donc non vous êtes loin d'être vieux jeu les filles ^^ en gros match nul et balle au centre :mrgreen:

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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar Mirabelle » 12 juil. 2016, 23:22

mia nowa a écrit :
lélé31 a écrit :Je pensais à toi en plus et je me demandais si j'étais la seule à être étriquée d'esprit lol
Vive les feux de l'amour!!!!


Coucou vous

En fait vu le contexte compliqué et la démarche de julien je pense que sa position est pardonnable et vos avis compréhensibles donc non vous êtes loin d'être vieux jeu les filles ^^ en gros match nul et balle au centre :mrgreen:

Hello you,
Quel arbitre du feu de Dieu, mazette super1
En tout cas, merci de ne pas nous considérer, la toulousaine et moi, comme 2 vieilles réacs, d'autant que nous sommes tout le contraire :wink:
La meilleure façon de réaliser ses rêves, c'est de se réveiller... Paul Valéry

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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar lélé » 13 juil. 2016, 08:17

Merci mia nowa t'es une super médiatrice trop cool qui déchire
Du coup mirabelle j tai traité d'esprit étriqué lol j étais crevée hier lol

BABEL

Re: Un conjoint perdu...

Messagepar BABEL » 13 juil. 2016, 08:24

lélé31 a écrit :Merci mia nowa t'es une super médiatrice trop cool qui déchire

https://www.youtube.com/watch?v=WsHeqayfdD4

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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar Bashogun » 13 juil. 2016, 10:00

mia nowa a écrit :En fait vu le contexte compliqué et la démarche de julien je pense que sa position est pardonnable et vos avis compréhensibles donc non vous êtes loin d'être vieux jeu les filles ^^ en gros match nul et balle au centre :mrgreen:

Vi ! tout est toujours affaire de contexte
ticha
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Mirabelle
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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar Mirabelle » 13 juil. 2016, 14:25

lélé31 a écrit :Du coup mirabelle j tai traité d'esprit étriqué lol j étais crevée hier lol

La fatigue n'excuse pas tout Madame tronul
Je suis peinée comme je ne l'es jamais été trotriste
Alors comme le disait Valéry : AU REVOIR ciao
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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar lélé » 13 juil. 2016, 15:42

:oops:
Mais non!!!!!! ça a du positif d'être étriqué tu verras!!!!

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fafalarousse
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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar fafalarousse » 13 juil. 2016, 15:59

je dois dire qu'ayant eu des cornes qui dépassaient largement le plafond, avec mon premier mari, cause de sexualité plutôt absente à cause de la sep, je suis blasée, donc je me dis qu'on est 2 dans un couple, qu'il n'y a pas qu'un coupable.
son coupable , à elle, comme à moi, c'est la sep, elle n'y peut rien, mais on ne peut pas revenir en arrière, donc autant qu'elle ne sache pas. sinon ça risque de la détruire, et ça serait encore plus grave.

c'est juste mon avis. et mon vécu. il allait à droite et à gauche, mais il m'aimait, me revenait ! je ne disais rien, sauf que quand il a couché avec ma meilleure amie, je l'ai viré. ah si au moins je ne l'avais pas appris, ma vie aurait été nettement meilleure par la suite, je n'aurai pas quitté le seul homme que j'ai vraiment aimé, pas épousé ensuite un homme violent qui me battait. voila le pourquoi du comment je dis motus. ça a foutu ma vie en l'air. une simple expérience.
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Re: Un conjoint perdu...

Messagepar jacques » 19 juil. 2016, 10:26

Bonjour Julien : ton témoignage m'émeut car il me renvoie à ma propre histoire que j'ai déjà raconté sur ce forum il y a un an et demi environ ; remarié à une sépienne il y a 4 ans, éperdument amoureux d'elle, j'ai vu peu à peu sa personnalité changer, notamment très souvent remarqué une indifférence affective mais aussi paradoxalement, parfois des moments d'euphorie : à cela, s'est ajoutée un déni total de sa famille au sujet de sa SEP, le comble du comble étant que le père de celle avec qui je suis en instance de divorce était... médecin ! aujourd'hui, je ne me remets pas de cette séparation ubuesque : il s'agit d'un véritable travail de deuil pour moi ! celle qui est toujours ma femme officiellement à l'heure où j'écris ces lignes continue toujours à m'envoyer des messages contradictoires, complètement bipolaire ! Pour moi,c'est le désastre absolu car je m'étais juré d'être là avec elle jusqu'au bout ! L'évolution de la maladie et l irresponsabilté de son entourage ne me l'ont pas permis hélas ! Et pourtant j'aurais tout essayé ! Je lui ai trouvé une association de malades avant notre séparation, elle qui a été elle-même dans le déni de sa maladie pendant 26 ans : depuis notre séparation, elle s'investit à fond dans cette asso, ce qui me laisse un goût amer, tant j'ai souffert de l'indifférence et du déni de son entourage. Je suis d'accord avec les précédents intervenants, ton épouse doit prendre un antidepresseur qui régulera son humeur ; ma femme en a pris durant quelques mois et ça allait beaucoup mieux entre nous... Puis du jour au lendemain, elle a tout arrêté et les troubles du comportement sont réapparus ! Il faut que ta femme accepte de prendre des médicaments et ton couple sera sauve ! Courage ! JACQUES.


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